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E-reporting : définition et obligations

La réforme de la facturation électronique, c'est un peu comme un grand rangement fiscal que l'État impose à toutes les entreprises françaises. Et dans ce rangement, l'e-reporting est souvent la case oubliée. Pourtant, cette obligation concerne tout le monde (des micro-entrepreneurs aux grands groupes) et son échéance approche à grands pas.
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Par Thomas Billerey
Actualisé le 14 mai 2026

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Résumé :

  • L’e-reporting est l’obligation légale de transmettre à l’administration fiscale les données de transactions non couvertes par la facturation électronique obligatoire (e-invoicing).
  • Cette obligation concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA en France : ventes à des particuliers (B2C), opérations internationales et certains encaissements.
  • La transmission s’effectue via une plateforme agréée (PA), dans un format structuré : Factur-X, UBL ou CII.
  • Le calendrier est progressif : grandes entreprises et ETI au 1er septembre 2026, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
  • En cas de non-conformité, des amendes forfaitaires par donnée manquante sont prévues, avec risque de contrôle fiscal automatisé.

Qu’est-ce que l’e-reporting ?

L’e-reporting et la facturation électronique sont deux obligations complémentaires, mais elles ne s’appliquent pas aux mêmes situations. Pour éviter toute confusion, voici les choses dans l’ordre.

Définition de l’e-reporting

L’e-reporting désigne l’obligation de transmettre à l’administration fiscale certaines données de transaction lorsqu’une opération ne relève pas de la facturation électronique obligatoire. Autrement dit : quand vous vendez à un particulier ou à un client étranger, vous n’émettez pas d’e-facture dans le sens classique du terme, mais vous devez quand même signaler ces transactions au fisc.

Cette obligation s’inscrit au sein du contrôle continu des transactions (CTC), un dispositif fiscal visant à reconstituer automatiquement la TVA collectée en temps quasi-réel. Objectifs affichés par l’administration : lutter contre la fraude à la TVA et préparer à terme le pré-remplissage des déclarations de TVA.

Bon à savoir : le dispositif est encadré par l’ordonnance n°2021-1190 du 15 septembre 2021, confirmée par la loi de finances rectificative de 2022.

E-reporting vs e-invoicing : ce qui change vraiment

Pour faire simple : l’e-invoicing (facturation électronique) concerne les factures échangées entre deux entreprises françaises assujetties à la TVA (les flux B2B domestiques). L’e-reporting, lui, prend le relais pour toutes les transactions qui sortent de ce périmètre.

E-invoicingE-reporting
Flux concernéB2B domestiqueB2C + international + encaissements
Ce qui est transmisLa facture entièreDes données de transaction structurées
DestinataireLe client professionnelL’administration fiscale
FormatFactur-X, UBL, CIIIdentique à la facture électronique

Les deux obligations sont complémentaires et passent toutes deux obligatoirement par une plateforme agréée (PA).

Quelles entreprises sont concernées par l’e-reporting ?

Une idée reçue circule : « je ne travaille qu’avec des particuliers, donc la réforme ne me concerne pas vraiment. » C’est en partie vrai pour l’e-invoicing. Pour l’e-reporting, c’est précisément l’inverse.

Les assujettis à la TVA : personne n’est exempté

Cette obligation s’applique à toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA, qu’elles en soient redevables ou non. La distinction est importante (oui, elle l’est vraiment) :

  • Être assujetti signifie exercer une activité économique entrant dans le champ de la TVA.
  • Être redevable signifie la devoir effectivement à l’État.

Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA est assujetti mais pas redevable. Il reste néanmoins concerné par cette démarche dès lors qu’il dépasse certains seuils ou réalise des opérations spécifiques.

Sont donc visés : les micro-entreprises, les PME, les ETI et les grandes entreprises. Sans exception de taille ou de statut.

Bon à savoir : les opérations bénéficiant d’une exonération de TVA (articles 261 à 261 E du CGI) sont exclues de ce périmètre. C’est le cas des opérations bancaires, médicales, d’assurance ou d’enseignement.

B2C, international et marketplaces : les cas particuliers

La transmission des données couvre précisément les opérations qui sortent du circuit de la facture électronique :

  • Les ventes à des particuliers (B2C) : toute livraison de biens ou prestation de services à un consommateur final établi en France entre dans le périmètre. C’est la majorité des cas pour les commerçants, e-commerçants et prestataires grand public.
  • Les opérations internationales : les ventes et prestations à destination de clients étrangers (particuliers ou professionnels non établis en France) sont également concernées. Cela inclut les exportations, les livraisons intracommunautaires et les prestations hors Union européenne.
  • Les ventes via des marketplaces : si vous commercialisez vos produits ou services sur une place de marché, la responsabilité déclarative dépend du modèle d’intermédiation retenu. Dans certains cas, c’est la marketplace elle-même qui prend en charge ce flux.

Quelles données transmettre dans le cadre du e-reporting ?

Ce dispositif ne demande pas de transmettre vos factures en intégralité, mais un ensemble de données structurées, précises, et transmises dans les délais impartis. Voici ce que cela représente concrètement.

Les données de transaction : le socle obligatoire

Pour chaque opération soumise à cette obligation, les informations à communiquer à l’administration fiscale sont les suivantes :

  • le montant de la transaction (HT et TTC) ;
  • le taux de TVA applicable ;
  • la date de l’opération ;
  • la date d’exigibilité de la TVA ;
  • l’identité de l’acheteur, si applicable.

Pour les transactions B2C, la transmission peut prendre deux formes selon votre infrastructure :

  • Logiciel de caisse (POS) : déclaration d’un récapitulatif journalier, le fameux « ticket Z » ;
  • Émission de factures individuelles : transmission des données de facturation ligne par ligne, comme pour une e-facture B2B.

L’e-reporting de paiement : le détail que beaucoup oublient

Voilà ce que la majorité des guides ne détaille pas : il existe un deuxième flux, spécifique aux entreprises dont la TVA est collectée sur les encaissements (et non sur les débits). C’est le cas fréquent des prestataires de services (conseils, agences, professions libérales soumises à TVA…).

Concrètement, si vous êtes concerné par ce régime, vous devez transmettre en plus des données de transaction :

  • la date d’encaissement ;
  • le montant encaissé TTC, réparti par taux de TVA.

Pourquoi ? Parce que pour une prestation de services, la TVA est exigible au moment du paiement et non à la date de la facture. L’administration ne peut pas reconstituer cette date automatiquement : vous devez la lui communiquer explicitement (ça change tout, croyez-nous).

Ce second flux est souvent absent des paramétrages initiaux. Vérifiez-le en priorité si vous êtes prestataire de services.

Comment transmettre les données : le rôle de la plateforme agréée

La transmission des données ne s’effectue pas directement auprès de la DGFiP. Elle passe obligatoirement par un acteur intermédiaire agréé.

Ce que fait concrètement une PA pour votre e-reporting

La plateforme agréée (PA), anciennement appelée PDP (plateforme de dématérialisation partenaire), est l’acteur central de toute la réforme. Immatriculée et habilitée par la DGFiP, elle assure trois fonctions clés :

  1. Collecte et structuration de vos données de transaction à partir de votre logiciel de facturation ;
  2. Transmission sécurisée à l’administration fiscale dans les délais réglementaires ;
  3. Centralisation de l’e-invoicing et de la transmission des données dans un seul et même flux.

Le Portail Public de Facturation (PPF) avait initialement été prévu pour recevoir ces données. Ce projet a été abandonné par l’État en octobre 2024. Aujourd’hui, seules les PA privées sont habilitées à assurer cette mission.

Bon à savoir : chaque entreprise choisit librement sa plateforme agréée. Le système est conçu pour permettre l’interopérabilité entre les différentes PA, via des protocoles standardisés comme Peppol.

Factur-X, UBL, CII : quel format choisir ?

Les données à transmettre doivent être produites dans le même format que la facture électronique. Trois formats sont actuellement acceptés :

  • Factur-X : format hybride (PDF lisible + données XML intégrées), le standard le plus répandu en France, particulièrement adapté aux PME ;
  • UBL (Universal Business Language) : format XML structuré, standard européen porté par OASIS ;
  • CII (Cross Industry Invoice) : format XML alternatif, utilisé notamment dans les échanges avec l’Allemagne.

Pour les entreprises peu familières avec ces formats, pas d’inquiétude : votre PA ou votre logiciel de facturation gère généralement la conversion automatique. Vous n’avez pas à produire du XML à la main (on vous avait prévenus que ce n’était pas si compliqué).

À quelle fréquence transmettre vos données d’e-reporting ?

La fréquence de transmission dépend directement de votre régime de TVA :

Régime TVAFréquenceDélai
Régime réel normalHebdomadaire4 jours après la fin de semaine
Autres régimes (simplifié, franchise)Mensuelle7 jours après la fin du mois

C’est un peu comme un relevé de compte : l’administration veut un point régulier sur vos transactions, pas un grand déversement annuel. Plus votre volume de TVA est élevé, plus la fréquence est rapprochée.

Calendrier de l’e-reporting : les dates à retenir

La réforme suit un calendrier progressif, identique à celui de la facturation électronique :

DateEntreprises concernéesObligation
1er septembre 2026Toutes entreprisesRéception des factures électroniques
1er septembre 2026Grandes entreprises et ETIÉmission de factures + e-reporting
1er septembre 2027PME et micro-entreprisesÉmission de factures + e-reporting

À lire également : les dates de la facturation électronique

Quelles sanctions en cas de non-conformité à l’e-reporting ?

C’est le sujet que la plupart des guides traitent en deux lignes. Pourtant, les risques sont réels et le dispositif est entièrement automatisé.

Les amendes prévues par la réglementation

En cas de défaut de transmission ou d’erreurs répétées, l’entreprise s’expose à :

  • une amende forfaitaire par transaction manquante ou erronée ;
  • un plafonnement annuel des amendes, mais un cumul reste possible entre plusieurs types d’infractions ;
  • un risque accru de contrôle fiscal ciblé : les données transmises alimentent directement les algorithmes de détection d’anomalies de la DGFiP.

Le dispositif est automatisé. L’absence de données attendues déclenche des alertes sans intervention humaine, ce qui signifie qu’il n’y a pas de « tolérance informelle » à attendre.

Comment sécuriser sa conformité avant l’échéance ?

La vraie question, c’est : par où commencer ? Voici les priorités dans l’ordre :

  • Vérifier la compatibilité de votre outil de facturation avec la réforme : un PDF envoyé par e-mail, même nommé « facture électronique », ne satisfait pas aux obligations. Il faut un format structuré transmis via une PA.
  • Identifier vos flux de transactions : quelles opérations relèvent de l’e-invoicing, lesquelles de l’e-reporting ? Notamment si vous avez à la fois des clients B2B français et des clients particuliers ou étrangers.
  • Anticiper le paramétrage de votre PA suffisamment tôt pour tester les flux avant les dates d’entrée en vigueur.

Checklist pratique : se préparer à l’e-reporting dès maintenant

Anticiper, c’est gagner du temps et éviter les amendes. Voici une approche concrète pour ne rien laisser au hasard.

1. Cartographier vos flux de facturation

Pour bien démarrer, il faut avoir une vision claire de tous vos types de transactions. Concrètement, ça donne quoi ? D’un côté, vos factures à des clients professionnels français (B2B domestique) relèvent de l’e-invoicing.

De l’autre, vos ventes à des particuliers, vos prestations à l’international et vos opérations avec des non-assujettis relèvent de l’e-reporting. Si vous avez les deux, votre plateforme agréée devra traiter simultanément ces deux flux. Mieux vaut le savoir maintenant que le découvrir le 1er septembre 2026.

2. Vérifier votre régime de TVA

Régime réel normal ou simplifié ? La question peut sembler purement comptable, mais elle a une conséquence directe sur votre organisation au quotidien. Sous le régime réel normal, la transmission sera hebdomadaire (dans les 4 jours suivant la fin de semaine). Sous les autres régimes, elle sera mensuelle (dans les 7 jours suivant la fin du mois).

Ce n’est pas un détail : une fréquence hebdomadaire demande des outils et une rigueur adaptés. Si vous n’êtes pas certain de votre régime, vérifiez votre dernière déclaration de TVA ou demandez à votre expert-comptable.

3. Choisir ou confirmer votre plateforme agréée

C’est souvent la question qui bloque. Si votre logiciel de facturation actuel n’est pas déjà une PA ou n’en intègre pas une, il faut en sélectionner une séparément. Quelques critères sont en effet à vérifier ; la plateforme est-elle bien immatriculée par la DGFiP ? Supporte-t-elle les formats Factur-X, UBL et CII ? Est-elle interopérable avec les PA de vos principaux clients et partenaires ?

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs solutions du marché gèrent l’e-invoicing et l’e-reporting dans un environnement unique, ce qui simplifie considérablement le pilotage.

4. Paramétrer le flux de paiement si vous êtes prestataire de services

Si vous facturez des prestations avec TVA sur encaissements, ce point vous concerne directement.

Le flux de paiement (date et montant encaissé TTC, réparti par taux de TVA) est un flux distinct des données de transaction classiques. Il doit être configuré séparément dans votre PA et ne figure pas toujours dans les paramétrages proposés par défaut par les éditeurs de logiciels. À vérifier impérativement lors de votre phase de test.

5. Tester avant la mise en production

Voilà le point que beaucoup d’entreprises repoussent jusqu’à la dernière semaine d’août 2026. C’est une erreur.

Les plateformes agréées seront en pleine charge à l’approche des dates d’entrée en vigueur, les délais d’intégration peuvent s’allonger, et les bugs techniques ne se révèlent jamais au bon moment. Prévoyez une période de test d’au moins 4 à 6 semaines avant votre date de mise en conformité : c’est le délai raisonnable pour corriger les incompatibilités sans pression.

Questions fréquentes sur l'e-reporting

Oui. Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA est assujetti à la TVA, même s’il ne la collecte pas. Il peut donc être soumis à l’obligation d’e-reporting, notamment pour ses ventes B2C ou ses opérations internationales.

Oui. C’est l’un des avantages de la réforme : une plateforme agréée (PA) gère les deux obligations dans un seul environnement. Vous n’avez pas à multiplier les outils.

Les deux types d’opérations coexistent : les factures B2B domestiques relèvent de l’e-invoicing, les transactions B2C de l’e-reporting. Votre PA doit être paramétrée pour traiter les deux flux simultanément.

Non. Quelle que soit la présentation, un PDF envoyé par e-mail reste une facture dématérialisée. La réforme impose un format structuré (Factur-X, UBL ou CII) transmis via une PA.

Oui. Les opérations bénéficiant d’une exonération de TVA au sens des articles 261 à 261 E du CGI sont hors périmètre : opérations bancaires, médicales, d’assurance, d’enseignement, entre autres.

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