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Freelance et CFE : ce qu’il faut savoir pour ne pas se faire surprendre

Vous avez reçu (ou allez recevoir) un avis de CFE et une question vous taraude : pourquoi vous, freelance qui travaille depuis sa table de cuisine, devriez-vous payer un impôt pensé pour des locaux commerciaux ? Bonne nouvelle, on démêle tout ça ligne par ligne, sans jargon inutile.
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Par Thomas Billerey
Actualisé le 16 juin 2026

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Résumé :

  • La CFE (cotisation foncière des entreprises) est un impôt local dû par la quasi-totalité des freelances exerçant une activité non salariée en France.
  • Elle est automatiquement exonérée la première année d’activité, puis devient due dès la deuxième année.
  • Les freelances dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 euros en sont exonérés.
  • Le montant dépend soit de la valeur locative d’un local professionnel, soit d’une base minimale fixée par la commune selon le chiffre d’affaires.
  • La CFE se paie chaque année avant le 15 décembre, via l’espace professionnel sur impots.gouv.fr.

La CFE, qu’est-ce que c’est exactement pour un freelance ?

La cotisation foncière des entreprises fait partie de la famille des impôts locaux. Concrètement, c’est la part professionnelle de la taxe foncière, celle que paient les entreprises plutôt que les particuliers propriétaires.

Une taxe locale, pas un impôt sur le revenu

Beaucoup de freelances confondent CFE et impôt sur le revenu. Pour faire simple : la CFE ne tient pas compte de ce que vous gagnez personnellement, mais de votre activité professionnelle et de son ancrage local. C’est un peu comme la taxe d’habitation que payait autrefois tout occupant d’un logement, sauf qu’ici, c’est votre activité qui occupe (ou non) un espace.

Son montant finance les communes, les intercommunalités et les chambres consulaires (CCI, chambres de métiers) dont dépend votre activité [1].

À qui profite cette cotisation ?

L’argent collecté revient aux collectivités locales. Chaque commune ou intercommunalité vote son propre taux d’imposition chaque année, ce qui explique les écarts parfois marqués d’une ville à l’autre pour une situation pourtant comparable.

Êtes-vous concerné par la CFE en tant que freelance ?

La réponse tient en une phrase : si vous exercez une activité professionnelle non salariée de façon habituelle en France, vous êtes redevable de la CFE, quel que soit votre statut juridique (auto-entrepreneur, EI, EURL, société).

Les conditions à remplir

Pour être assujetti à la CFE, votre activité doit cumuler quatre critères [2] :

  • être exercée en France ;
  • de manière habituelle (pas une opération ponctuelle) ;
  • à titre professionnel ;
  • de façon non salariée.

Le statut juridique, la taille de votre structure ou le régime d’imposition choisi n’entrent pas en jeu. Auto-entrepreneur ou société, vous êtes logés à la même enseigne fiscale.

Le seuil des 5 000 euros qui change tout

Depuis 2019, les indépendants dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 euros sont exonérés de la cotisation minimum. C’est souvent la question qui bloque les freelances qui débutent à temps partiel : en dessous de ce seuil, pas de CFE à régler, point final.

Comment est calculée votre CFE de freelance ?

Voilà ce qu’il faut retenir : le calcul change radicalement selon que vous disposez ou non d’un local dédié à votre activité.

Si vous travaillez depuis un local professionnel

Dans ce cas, la base d’imposition correspond à la valeur locative du bien utilisé pour votre activité, calculée sur l’année N-2. Pour votre CFE 2026, ce sont donc les locaux occupés en 2024 qui sont pris en compte [3]. Certains profils bénéficient d’un abattement spécifique : les établissements industriels (-30%), les entreprises implantées en Corse (-25%), ou encore les structures employant entre 1 et 3 salariés (25 à 75% de réduction selon l’effectif).

Si vous travaillez depuis votre domicile (le cas le plus fréquent)

La majorité des freelances n’a pas de bureau dédié. Et c’est normal, beaucoup démarrent depuis leur salon ou un espace de coworking partagé. Dans ce cas, c’est une base minimale qui s’applique, fixée par votre commune dans une fourchette nationale qui dépend de votre chiffre d’affaires de l’année N-2.

Voici le barème national de la base minimale CFE pour l’imposition 2026, actualisé par décret (le détail exact dépend ensuite du taux voté par votre commune) :

Chiffre d’affaires N-2Base minimale (fourchette nationale)
Jusqu’à 10 000 €entre 237 € et 565 €
De 10 001 € à 32 600 €entre 247 € et 1 179 €
De 32 601 € à 100 000 €entre 247 € et 2 477 €

Pour connaître le montant exact qui s’applique chez vous, un seul réflexe fiable : votre espace professionnel sur impots.gouv.fr affiche le taux voté par votre commune (ces fourchettes nationales servent de cadre, mais chaque conseil municipal fixe sa propre valeur à l’intérieur).

Quand et comment payer votre CFE en tant que freelance ?

Trois rendez-vous rythment la vie administrative de la CFE, et les rater coûte cher en pénalités.

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La déclaration initiale, étape obligatoire au lancement

L’année de création de votre activité, vous devez déposer le formulaire 1447-C-SD avant le 31 décembre auprès de votre service des impôts des entreprises [4]. Ce document déclenche votre future imposition, même si vous êtes exonéré la première année (on y revient juste après).

Le paiement annuel, chaque fin d’année

Concrètement, ça donne quoi une fois l’activité lancée ? Votre avis d’imposition est disponible début novembre sur votre espace professionnel, et le règlement doit intervenir avant le 15 décembre [5]. Si vous n’avez pas opté pour le prélèvement automatique, la date limite pour y adhérer tombe fin novembre.

Demander une révision si le montant vous semble trop élevé

Si votre CFE vous paraît disproportionnée par rapport à vos revenus réels, une demande de modulation reste possible auprès de votre centre des impôts, justificatifs à l’appui.

Quels freelances sont exonérés de CFE ?

Plusieurs cas de figure permettent d’échapper totalement ou partiellement à cette cotisation, certains automatiquement, d’autres sur demande expresse.

L’exonération automatique de la première année

La bonne nouvelle, c’est que personne ne paie de CFE l’année de création de son activité. Cette exonération s’applique sans démarche particulière, l’administration fiscale la calcule directement. Dès la deuxième année en revanche, la cotisation devient due (et il vaut mieux l’avoir anticipée dans sa trésorerie).

Les exonérations liées à votre activité

Certaines professions bénéficient d’exonérations spécifiques, sous conditions précises [6] :

  • les artisans inscrits à la chambre des métiers, si le travail manuel reste prépondérant dans leur activité ;
  • les artistes auteurs percevant des droits d’auteur (Maison des Artistes, Agessa) ;
  • les enseignants donnant des cours à domicile, à titre individuel et en présentiel ;
  • les loueurs en meublé sous certaines conditions de revenus ;
  • les chauffeurs de taxi et VTC respectant un nombre de véhicules limité ;
  • les jeunes entreprises innovantes et certaines implantations en zone géographique prioritaire (quartiers prioritaires, zones rurales, DOM).

Une demande d’exonération sur ces critères passe par la déclaration modificative 1447-M-SD, à adresser à votre service des impôts des entreprises.

Comment contester ou ajuster votre CFE ?

Si vous estimez avoir payé à tort, ou si votre situation a changé en cours d’année, une réclamation reste possible jusqu’à la deuxième année suivant celle de l’imposition contestée. La démarche se fait directement depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, rubrique contact, justificatifs de revenus et de localisation à l’appui.

Le calendrier CFE à garder sous le coude

Pour visualiser d’un coup d’œil les échéances qui rythment l’année, voici un récapitulatif que vous ne trouverez pas formulé ainsi ailleurs :

PériodeCe qui se passeAction de votre part
Année de créationExonération automatiqueDéposer le formulaire 1447-C-SD avant le 31 décembre
Avant le 5 mai (année N)Fenêtre pour les demandes d’exonération spécifiquesDéposer le formulaire 1447-M-SD si concerné
Début novembreMise en ligne de l’avis d’impositionVérifier le montant sur votre espace professionnel
Fin novembreDernière date pour adhérer au prélèvement à l’échéanceOpter pour le prélèvement si souhaité
15 décembreDate limite de paiementRégler la CFE ou vérifier le prélèvement automatique

Gardez ce tableau de côté (un rappel dans votre agenda début novembre évite bien des mauvaises surprises de décembre).

Sources officielles

  1. economie.gouv.fr, Tout savoir sur la cotisation foncière des entreprises (CFE)
  2. service-public.fr, Cotisation foncière des entreprises (CFE)
  3. bofip.impots.gouv.fr, BOI-IF-CFE, détermination de la base d’imposition
  4. legifrance.gouv.fr, Article 1647 D du Code général des impôts, cotisation minimum
  5. impots.gouv.fr, CFE et/ou IFER 2025, date limite de paiement le 15 décembre 2025
  6. service-public.fr, Exonérations de CFE selon l’activité exercée

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