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Première année en auto-entreprise : quelles sont les charges ?

Première année en auto-entreprise : découvrez toutes les charges à prévoir (URSSAF, impôts, CFE, TVA) et les aides disponibles pour alléger vos débuts.
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Par Thomas Billerey
Actualisé le 26 décembre 2025

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Vous envisagez de vous lancer dans la grande aventure de l’entrepreneuriat, mais vous avez un peu peur de crouler sous les charges avant d’avoir des revenus ?
Vous avez choisi le statut d’auto-entrepreneur et vous savez qu’il bénéficie d’un système de taxation simplifié. Oui, mais dans quelles mesures ? Vous voulez savoir à quelle sauce vous allez être mangé ? Kandbaz détaille pour vous toutes les charges d’une auto-entreprise en première année d’activité.

Qu’est-ce qu’une auto-entreprise ?

L’auto-entreprise, appelée micro-entreprise correspond au régime simplifié de l’Entreprise Individuelle (EI).

Ce statut permet aux travailleurs indépendants de créer leur activité en bénéficiant de formalités administratives réduites au minimum. Pour la micro-entreprise, la déclaration d’activité se fait en ligne via le Guichet unique de formalités des entreprises géré par l’INPI. C’est une démarche totalement gratuite.

Les modalités de gestion de la micro-entreprise sont également limitées. L’auto-entrepreneur bénéficie des régimes micro-fiscal et micro-social.

Les principales charges à anticiper pour un auto-entrepreneur

Comme c’est le cas pour tous les travailleurs non-salariés, le chiffre d’affaires réalisé par le micro-entrepreneur ne correspond pas à son revenu. En plus de ses dépenses professionnelles, il doit en déduire ses cotisations sociales.

Les charges sociales : fondamentaux à connaître

Le régime micro-social permet à l’auto-entrepreneur de ne payer des cotisations sociales que s’il déclare du chiffre d’affaires. C’est différent pour les professionnels exerçant leur activité sous un autre statut juridique. Ces derniers doivent effectivement s’acquitter de provisions sur charges, qu’ils encaissent des recettes ou pas. Le montant de leurs cotisations sociales est régularisé à la hausse ou à la baisse a posteriori, en fonction de leur bénéfice en N-2. Ce système peut créer d’importants décalages de trésorerie en début d’activité et lors des rappels de charges.

L’auto-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires par défaut mensuellement, ou trimestriellement sur option. Le paiement des cotisations sociales se fait lors de cette déclaration. Il correspond à un pourcentage du chiffre d’affaires déclaré. Le taux de prélèvement varie selon l’activité exercée. En 2026, les taux sont :

  • 12.3 % pour la vente de marchandises et la fourniture d’hébergement ;
  • 21.2 % pour la location en meublé ;
  • 6 % pour la location de meublés de tourisme ;
  • 21.2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
  • 24.6 % pour les professions libérales non réglementées et non affiliées à la Cipav (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et ‘Assurance Retraite) ;
  • 23.2 % pour les professions libérales non réglementées affiliées à la Cipav.

L’auto-entrepreneur s’acquitte également de la CFP (Cotisation pour la Formation Professionnelle) :

  • 0,1 % pour toutes les activités commerciales ;
  • 0,2 % pour toutes les professions libérales ;
  • 0,3 % pour toutes les activités artisanales.

Exonérations possibles et aides financières

L’URSSAF et France Travail unissent leurs forces pour faciliter la création des micro-entreprises.

Le dispositif ACRE

L’auto-entrepreneur éligible à l’ACRE profite d’une réduction de 50 % de ses cotisations sociales pendant les douze mois suivant la création de sa micro-entreprise.

L’ACRE est réservée à certains profils d’entrepreneurs :

  • Être demandeur d’emploi indemnisé (ou non indemnisé, inscrit à France Travail depuis au moins 6 mois) ;
  • Bénéficier du RSA (Revenu de Solidarité Active) ou de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) ;
  • Avoir entre 18 et moins de 26 ans ;
  • Avoir moins de 30 ans et être reconnu handicapé ;
  • Créer une entreprise dans une zone urbaine sensible (ZUS) ;
  • Avoir signé un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) ;
  • Bénéficier de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).

L’auto-entrepreneur ne doit pas avoir profité de l’ACRE au cours des trois années précédant la création de sa micro-entreprise.

Bon à savoir : si l’ACRE est automatiquement mise en place pour tous les créateurs, ce n’est pas le cas pour les micro-entrepreneurs qui doivent en faire expressément la demande auprès de l’URSSAF.

L’ARCE et l’ARE

L’ARE (Allocation d’aide au Retour à l’Emploi) correspond à l’indemnité mensuelle France Travail (ex Pôle Emploi).

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet au créateur de percevoir une partie de ses droits ARE sous forme d’un capital versé en deux fois. Cette somme peut être un bon coup de pouce pour le démarrage de l’activité.

ARE ou ARCE, il faut choisir, les deux aides ne sont pas cumulables.

Impact des charges sur la rentabilité

La rentabilité d’une activité se calcule en déduisant l’ensemble des charges du chiffre d’affaires réalisé. On obtient ainsi le bénéfice, ou pour le micro-entrepreneur, son revenu net.

Le seuil de rentabilité est le minimum de chiffre d’affaires qu’une entreprise doit réaliser pour être viable. Plus les cotisations sociales sont élevées, plus les charges totales de l’entreprise augmentent, plus le chiffre d’affaires nécessaire pour les couvrir est lui-même élevé.

Les cotisations sociales contribuent à réduire les marges. Pour être rentable, l’entreprise doit vendre plus et mieux, au risque de pénaliser sa compétitivité.

Pour calculer son TJM (Taux Journalier Moyen) minimum, le micro-entrepreneur doit intégrer le montant de ses charges.

Fiscalité de l’auto-entrepreneur lors de la première année

L’impôt sur le revenu : modalités et déclaration

Comme chaque travailleur, le micro-entrepreneur doit déclarer annuellement ses revenus à l’administration fiscale. Et comme chaque contribuable, il est imposé selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

L’auto-entrepreneur est soumis au régime micro-fiscal. Cela signifie qu’il ne peut pas déduire ses dépenses réelles, et qu’il déclare donc l’intégralité du chiffre d’affaires réalisé. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur son chiffre d’affaires pour estimer son bénéfice. Le taux de cet abattement est différent selon l’activité exercée :

  • 71 % pour les activités de vente ;
  • 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
  • 34 % pour les activités libérales (BNC).

Si le revenu fiscal de référence du foyer n’excède pas certains plafonds en N-2, le micro-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. En 2026, les seuils sont par exemple de 28 797 € pour un célibataire sans enfant (1 part) et de 86 391 € pour un couple avec deux enfants (3 parts). Le versement libératoire est payé en même temps que les cotisations sociales, son taux dépend aussi de l’activité exercée par l’auto-entrepreneur :

  • 1 % pour les activités de vente de marchandises et d’hébergement ;
  • 1,7 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
  • 2,2 % pour les activités libérales (BNC).

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est un impôt local dû par toutes les entreprises, y compris les micro-entreprises. Il est calculé sur la valeur locative du local professionnel utilisé pour l’activité. En l’absence de local, la CFE est quand même due, elle est quantifiée à partir d’une base minimale votée par la commune.

La première année, les micro-entrepreneurs sont exonérés de CFE. Les années suivantes, ils sont également exonérés s’ils réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 5 000 €.

Bon à savoir : le taux de CFE étant choisi par les collectivités locales, il existe d’importantes disparités. Kandbaz, le spécialiste français de la domiciliation d’entreprise vous accompagne pour optimiser la fiscalité foncière de votre micro-entreprise.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le régime de franchise

Le régime de la micro-entreprise reste réservé à des activités ayant un chiffre d’affaires modéré. Ainsi, la plupart des micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA. Ce n’est pas lié au régime de la micro-entreprise mais au montant du chiffre d’affaires réalisé qui doit être inférieur à certains seuils :

  • 85 000 € de seuil de base et 93 500 € de seuil majoré pour la vente de marchandises ;
  • 37 500 € de seuil de base et 41 250 € de seuil majoré pour la prestation de services.

L’auto-entrepreneur qui franchit le seuil de base devient redevable de la TVA à partir du 1er janvier de l’année suivante. Celui qui dépasse le seuil majoré y est soumis dès le premier jour de dépassement.

Les exonérations fiscales à la création de l’auto-entreprise

Conditions pour bénéficier d’exonérations d’impôts

Hormis l’exonération de CFE, le micro-entrepreneur ne bénéficie pas d’exonérations directes d’impôt sur le revenu la première année, ni les suivantes.

S’il n’est pas redevable de l’impôt sur le revenu, c’est qu’il est non imposable par rapport à son quotient familial et à la globalité des revenus de son foyer fiscal.

Cas particuliers : secteurs d’activité et exonérations spécifiques

Certaines activités peuvent bénéficier d’exonérations fiscales spécifiques. C’est par exemple le cas des :

  • Activités localisées dans des zones spécifiques comme les ZFU (Zone France Urbaine) ou les ZRR (Zone de Revitalisation Rurale) ;
  • Artistes-auteurs dont les revenus sont soumis à des règles fiscales spécifiques.

Suivi des exonérations au-delà de la première année

La plupart des aides accordées aux micro-entrepreneurs leur première année d’exercice ne sont pas reconductible :

  • L’ACRE est mise en place pour 12 mois non prorogeables ;
  • Pour être exonéré de CFE les années suivant la création, il faut réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 5 000 € ;
  • La franchise en base de TVA n’est valable que tant que le chiffre d’affaires reste en dessous des seuils.

Obligations comptables et déclaratives pour le nouvel auto-entrepreneur

Gestion de la comptabilité simplifiée

Les obligations comptables du micro-entrepreneur sont réduites au minimum :

  • Tenir un livre des recettes encaissées ;
  • Tenir un registre des achats pour les activités de vente ;
  • Établir une facture numérotée et comprenant toutes les mentions légales pour chaque vente ou prestation de service.

Déclaration des revenus : mode d’emploi

La déclaration des revenus de la micro-entreprise se fait en deux temps.

1 – Déclaration mensuelle ou trimestrielle à l’URSSAF

L’auto-entrepreneur a l’obligation de déclarer mensuellement son chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF, même s’il est nul. Sur option, cette déclaration peut être trimestrielle.

2 – Déclaration annuelle aux impôts

En plus de sa déclaration périodique à l’URSSAF, le micro-entrepreneur doit reporter son chiffre d’affaires annuel sur la déclaration des revenus de son foyer via le formulaire 2042 C-PRO. C’est obligatoire, même pour les auto-entrepreneurs ayant opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

Interaction avec l’Urssaf et autres organismes

En tant qu’auto-entrepreneur, votre principal interlocuteur est l’URSSAF :

  • Affiliation ;
  • Déclaration et paiement ;
  • Renseignements sur les taux de cotisation ou sur la mise en œuvre de l’ACRE ;
  • Gestion des réclamations et des litiges.

Selon votre activité, vous pouvez avoir affaire à d’autres organismes :

  • CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) ;
  • CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisanat) ;
  • SIE (Service des Impôts des Entreprises) ;
  • France Travail si vous êtes allocataire.

Anticiper les besoins futurs : pérennité de l’auto-entreprise

Stratégies pour optimiser les charges et les impôts

Pour assurer la pérennité de votre activité, il est indispensable d’anticiper l’évolution de vos charges et de vos impôts :

  • Suivi de la variation des taux de prélèvements réglementaires, notamment au moment de la fin du dispositif ACRE ;
  • Gestion de la TVA ;
  • Comparaison avec le régime réel lorsque l’activité se développe fortement et que le régime de la micro-entreprise n’est peut-être plus adapté.

Prévisions de chiffre d’affaires et ajustements fiscaux

La planification financière permet d’anticiper les éventuels dépassements de seuils et les augmentations de cotisations sociales.

La question du versement libératoire de l’impôt sur le revenu est à réétudier régulièrement en fonction de l’évolution des revenus de votre foyer et de votre quotient familial.

Ressources et outils pour une meilleure gestion fiscale

De nombreux outils et ressources peuvent vous aider à optimiser la gestion de votre micro-entreprise :

  • Logiciels de comptabilité ;
  • Sites officiels de l’URSSAF ou des impôts qui sont une mine d’information ;
  • Plateformes en lignes qui simplifient vos démarches et proposent de nombreux simulateurs ;
  • Accompagnement professionnel par un expert-comptable ou un conseiller fiscal.

Bon à savoir : Kandbaz met à votre disposition ses experts pour vous apporter un soutien administratif, juridique et comptable.

FAQ sur les charges d’un auto-entrepreneur

Concernant les charges obligatoires, la première année, l’auto-entrepreneur doit s’acquitter de ses cotisations sociales et de son impôt sur le revenu. Selon son activité, il peut engager d’autres dépenses :

  • Investissement (matériel, véhicule, stock, etc.) ;
  • Formation ;
  • Communication (flyers, cartes de visite, site internet, SEO/SEA, etc.) ;
  • Domiciliation de son entreprise ;
  • Abonnements ;
  • Etc.

Désolé, nous n’avons malheureusement pas de solution miracle à vous proposer. Si vous y êtes éligible, l’ACRE vous permet une réduction de 50 % du montant de vos cotisations sociales la première année. La seule possibilité pour ne pas en payer du tout, c’est de ne réaliser aucun chiffre d’affaires.

Lors de la création de sa micro-entreprise, l’auto-entrepreneur peut bénéficier de nombreux dispositifs d’accompagnement :

  • Organismes d’aide et de conseil (France travail, CMA, CCI, ADIE, Initiative France) ;
  • Soutien administratif et financier (URSSAF, banques, micro-crédits) ;
  • Aides spécifiques (jeunes, femmes, personnes en situation de handicap, habitants de quartiers prioritaires).
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