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Comment financer son entreprise ?

Lecture en 7mn     Romain Laventure    
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Pour lancer ou développer son activité, l’entreprise doit avoir à disposition les fonds nécessaires. Pour cela, elle doit impérativement trouver et obtenir un financement. Bien que les options existantes soient nombreuses, elles ont chacune leurs propres conditions et avantages. Dans ce guide, petit tour d’horizon sur les meilleures solutions pour financer son entreprise.

Comment financer son entreprise ?

Les apports personnels

Pour couvrir les frais de démarrage et d’activité, l’investissement personnel s’avère indispensable. Il peut s’agir d’un apport en espèces, en matériels, en ressources humaines ou immobilières. Dans tous les cas, cette solution permet d’ouvrir les portes à d’autres sources de financement. En effet, les apports personnels donnent plus de crédibilité au projet de l’entrepreneur à l’égard des tiers. Ainsi, il est plus facile pour l’entreprise d’attirer de potentiels partenaires financiers et de solliciter des prêts.

La love money

Une des sources de financement pour le projet entrepreneurial serait de collecter des fonds auprès de la famille, des amis ou des autres relations. Si le don provient d’un membre de la famille, plusieurs conditions doivent être respectées :

  • Le donateur est âgé de moins de 80 ans ;
  • Le bénéficiaire est son enfant, son petit-enfant ou son arrière -petit-enfant ;
  • Le bénéficiaire est majeur ou émancipé.

Dans ce cas, le centre des Finances publiques du porteur de projet doit en être informé.

Le prêt professionnel

Le prêt professionnel est un crédit bancaire accordé aux personnes morales ou personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante. Le mode de financement n’est impacté ni par la taille de la structure ni par la nature de l’activité. Le crédit professionnel concerne donc aussi bien les autoentrepreneurs et les TPE que les associations ou les professions libérales.

D’une manière générale, ce moyen de financement répond à plusieurs besoins :

  • Fonds de commerce ;
  • Droits d’entrée dans une franchise ;
  • Matériels ou outillages ;
  • Ensemble immobilier ;
  • Brevets et marques ;
  • Etc.

Les modalités de versement dépendent de l’importance du besoin à financer. Une fois tous les fonds versés, l’entreprise commence à rembourser la banque. À noter que cette période peut aller jusqu’à 10 ans.

Les aides et subventions de l’État

Pour financer le démarrage d’activité des entreprises, l’État a mis en place de nombreux dispositifs d’accompagnement. Ci-après quelques exemples.

Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise (ACRE)

Il s’agit d’une exonération partielle des charges sociales que l’on appelle exonération de début d’activité. Toutefois, les conditions d’accessibilité, les formalités et l’exonération pour bénéficier de ce dispositif diffèrent selon que le professionnel ait souscrit avant ou après le 1er janvier 2020.

Crédit d’Impôt de Recherche (CIR)

Ce type de crédit offre une réduction d’impôts jusqu’à 50 % pour les entreprises qui investissent dans la recherche fondamentale ou expérimentale. Il s’adresse à n’importe quelle structure, quelle que soit sa taille (TPE, PME et grandes entreprises).

Concours

Les porteurs de projet de création d’entreprise ont la possibilité de participer à des concours organisés par certains organismes. C’est une bonne alternative pour financer son entreprise puisque l’entrepreneur pourra lever des fonds et élargir la visibilité de sa structure. Néanmoins, cette option requiert de la préparation et du temps.

Le microcrédit

Le microcrédit est octroyé aux professionnels qui ont du mal à obtenir un financement auprès des établissements bancaires. Ce prêt consiste à aider le bénéficiaire à créer, à reprendre ou à consolider son entreprise afin de pérenniser son emploi. D’un autre côté, l’entrepreneur bénéficie d’une assistance dans les formalités administratives, d’une aide dans le développement commercial…

En principe, l’obtention ou non d’un microcrédit dépend de la volonté et des compétences du demandeur. L’implantation et le potentiel du projet ainsi que la capacité à rembourser entrent également dans les critères pris en compte lors de l’étude du dossier.

Le crowdfunding

Le crowdfunding ou financement participatif constitue une option de financement permettant de lever des fonds à travers une plateforme en ligne. Celui-ci peut prendre trois formes :

  • Le don ;
  • Le prêt avec ou sans intérêts ;
  • L’investissement en capital ou la souscription de titres financiers.

Le don permet essentiellement de collecter des sommes assez faibles, car il n’y a aucun remboursement. Cependant, le donneur a toujours la possibilité de demander une contrepartie. Par ailleurs, le prêt peut être un excellent moyen de récolter un montant assez conséquent que l’entrepreneur s’engage à rembourser dans un délai relativement court. De plus, s’il y a un taux d’intérêt, celui-ci est généralement plus élevé qu’un prêt bancaire. Concernant l’investissement en capital, la société accorde une participation au capital suivant le montant de financement. Dans ce cas de figure, la somme obtenue n’est pas à rembourser.

Les business angels

Les business angels désignent des cadres supérieurs d’entreprise qui octroient un financement aux structures ayant un fort potentiel de croissance. Concrètement, ils investissent une partie de leur patrimoine financier dans les entreprises, dont ils jugent les projets viables. En outre, ces investisseurs providentiels peuvent fournir des conseils et mettre les professionnels en relation avec un large réseau.

Selon la fédération nationale France Angels, le montant de financement peut monter jusqu’à 700 000 euros. D’autre part, ces business angels participent activement à la vie de l’entreprise et à la prise de décision.

Le leasing

Aussi appelé crédit-bail, le leasing est un contrat conclu entre l’entreprise et une société de leasing. Il consiste à allouer un bien meuble ou un immeuble au professionnel. Une fois le contrat terminé, ce dernier a trois possibilités :

  • Restituer le bien au prestataire ;
  • Payer la valeur résiduelle et acquérir le bien ;
  • Renouveler le contrat.

Quoi qu’il en soit, le crédit-bail est une solution pour financer le développement de ses activités, l’achat de nouveaux matériels…

Le prêt d’honneur

Ce dispositif s’adresse aux jeunes dirigeants et aux professionnels qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise. C’est une forme de prêt sans garantie qui s’inscrit en fonds propres de l’entreprise. La sélection pour être éligible au bénéficiaire du prêt d’honneur est réalisée par plusieurs jurys.

En principe, ce sont les réseaux d’accompagnement tels que le Réseau Entreprendre ou l’Association pour le Droit à l’Initiative Économique (ADIE) qui proposent ce type de financement. Pour les projets qui présentent un grand potentiel, le montant de ce prêt peut atteindre 90 000 euros. L’obtention du prêt d’honneur permet également d’accéder plus facilement aux financements bancaires.

Dernière modification le 30 novembre 2021
Auteur

Par Romain Laventure

Diplômé d’un Master 2 en droit