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Résumé :
Avant d’entrer dans le détail, voici les sept offres gratuites qui sortent du lot en 2026, avec leur cible et leur principale limite.
| Compte pro gratuit | Statuts acceptés | Carte incluse | Virements | Dépôt de chèques | Dépôt d’espèces | Principale limite |
| Shine Free | Tous statuts | 1 virtuelle + physique (7 € HT d’envoi) | 3 mouvements par mois, puis 0,50 € HT | Oui, 5 € HT par remise | Oui, 5 % du montant | Quota de mouvements très bas |
| Indy | Micro-entreprise, EI et sociétés | Physique + virtuelle | Illimités | Non | Non | Aucun encaissement physique |
| Bourso Business | Entrepreneurs individuels et sociétés unipersonnelles, client perso BoursoBank obligatoire | Visa Business | Gratuits | Oui, par courrier, 1 500 € max sur 30 jours | Non | 9 €/mois si la carte physique n’est pas utilisée |
| Finom Solo | Entrepreneurs individuels uniquement | 1 virtuelle (aucune carte physique gratuite) | Gratuits jusqu’à 2 500 € sortants par mois | Non | Non | Pas de carte physique gratuite |
| Revolut Pro | Freelances et entrepreneurs individuels | Carte Pro dédiée | Inclus | Non | Non | Frais sur les paiements encaissés |
| N26 Business | Auto-entrepreneurs uniquement | Virtuelle (physique à 10 €) | Inclus | Non | Non | Prélèvements B2B impossibles |
| SumUp | Indépendants, commerçants, artisans | Mastercard | Inclus | Non | Oui, 2,5 % du montant | Pas de dépôt de chèques |
Bon à savoir : les grilles tarifaires des néobanques évoluent souvent. Shine, par exemple, a modifié les conditions de son offre gratuite le 5 octobre 2026. Les montants de ce comparatif correspondent aux conditions publiées par chaque établissement, mais vérifiez toujours la grille officielle juste avant d’ouvrir votre compte.
Oui, et ce n’est pas un piège en soi. Simplement, la gratuité a une logique économique qu’il vaut mieux comprendre avant de signer.
Les banques traditionnelles (agences physiques, conseiller attitré) ne proposent pratiquement jamais de compte professionnel gratuit : leurs frais de tenue de compte et de carte financent un réseau coûteux. Les offres de compte pro gratuit viennent quasi exclusivement des néobanques et des banques en ligne, qui n’ont pas d’agences à faire tourner.
Pour faire simple, deux types d’acteurs se partagent le marché :
C’est souvent la question qui bloque : comment une entreprise peut-elle vivre en offrant ses comptes ? La réponse tient en trois leviers. Les néobanques gagnent de l’argent sur les frais à l’acte (dépôt de chèque, retrait, virement hors quota), sur les commissions d’interchange prélevées à chaque paiement par carte, et sur la montée en gamme vers une offre payante quand votre activité grandit.
Un compte pro gratuit fonctionne un peu comme une compagnie aérienne low cost : le billet de base ne coûte presque rien, mais chaque option (bagage, siège, repas) se paie à part. Tant que vous voyagez léger, c’est imbattable. Si vous cochez toutes les options, l’offre classique devient parfois plus intéressante.
Chaque offre a son terrain de jeu. Voici ce que chacune propose réellement, pour qui elle est pensée, et où elle coince.
Shine est l’une des rares offres gratuites à accepter tous les statuts juridiques, de la micro-entreprise à la SAS. L’offre Free reste sans abonnement et inclut un IBAN français, la facturation illimitée, une carte virtuelle gratuite et une carte Mastercard physique (7 € HT de frais d’envoi pour toute nouvelle commande).
Son vrai atout : c’est le seul compte gratuit qui permet à la fois de déposer des chèques et des espèces. Mais depuis le 5 octobre 2026, ces services coûtent plus cher : 5 € HT par remise de chèque, 5 % du montant pour un dépôt d’espèces, et 2 € par retrait d’espèces (plafonné à 250 € par mois). Le quota est aussi passé à 3 mouvements inclus par mois, puis 0,50 € HT par opération supplémentaire. Attention, Shine compte les virements et prélèvements entrants comme sortants : le virement d’un client consomme donc votre quota au même titre que le paiement d’un fournisseur.
Idéal pour : un indépendant qui démarre avec très peu d’opérations, ou qui reçoit ponctuellement un chèque ou des espèces. Au-delà, Shine indique lui-même que l’offre Start (9 € HT par mois, 30 mouvements et 2 remises de chèques inclus) devient plus avantageuse.
Au départ logiciel de comptabilité pour indépendants, Indy propose un compte pro gratuit aux micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels et sociétés (SASU, SAS, EURL, SARL). L’offre comprend un IBAN français, une carte Mastercard physique et virtuelle compatible Apple Pay et Google Pay, et des virements illimités, y compris instantanés.
Le compte est directement relié à l’outil comptable : vos transactions se catégorisent toutes seules, ce qui fait gagner un temps précieux au moment des déclarations. Indy permet aussi de déposer gratuitement le capital social d’une société en création. En revanche, aucun dépôt de chèque ni d’espèces n’est possible.
Idéal pour : un consultant, développeur ou graphiste payé exclusivement par virement, ou un créateur de société qui veut déposer son capital sans frais.
Bourso Business est l’offre professionnelle de BoursoBank. Pas de commission de mouvement, pas de frais sur les prélèvements SEPA interentreprises, et des virements gratuits, y compris instantanés et internationaux. L’offre est ouverte aux entrepreneurs individuels et aux sociétés unipersonnelles (EURL, SASU), à condition que leur représentant légal soit déjà client particulier chez BoursoBank.
La carte Visa Business est gratuite, mais la carte physique est facturée 9 € par mois si aucun paiement n’est réalisé avec elle dans le mois. La carte virtuelle, elle, reste gratuite sans condition. En contrepartie, c’est l’un des seuls comptes gratuits qui permet d’encaisser des chèques : vous saisissez la remise dans votre espace client, puis vous envoyez le chèque par courrier simple. Les remises sont plafonnées à 1 500 € sur 30 jours glissants.
Idéal pour : un indépendant déjà client BoursoBank, qui reçoit quelques chèques et utilise régulièrement sa carte pro.
La formule Solo de Finom est réservée aux entrepreneurs individuels (micro-entreprise comprise). Elle inclut un IBAN, une carte virtuelle Visa, un assistant IA et un compte rémunéré au taux standard de 0,5 %. En revanche, aucune carte physique gratuite n’est incluse et le cashback est réservé aux offres payantes.
Particularité : la gratuité des virements ne se compte pas en nombre mais en montant. Les virements SEPA sortants sont gratuits jusqu’à 2 500 € par mois, et les virements internationaux sortants sont facturés 1 %.
Idéal pour : un micro-entrepreneur qui démarre avec de petits volumes et paie surtout en ligne.
Revolut Pro est un espace professionnel rattaché à votre compte Revolut personnel, sans abonnement supplémentaire. Il s’adresse aux freelances et entrepreneurs individuels ; les sociétés doivent passer par Revolut Business.
Points forts : une carte Pro dédiée avec 0,4 % de cashback sur les dépenses professionnelles en formule Standard, des liens de paiement et le Tap to Pay sur smartphone pour encaisser vos clients. Côté limites, Revolut facture les paiements que vous encaissez via ses outils, à partir de 1 % + 0,20 € par paiement pour une carte de particulier européenne, et jusqu’à 2,8 % + 0,20 € pour une carte professionnelle ou étrangère. Aucun dépôt de chèque ou d’espèces n’est possible.
Idéal pour : un freelance qui facture des clients à l’étranger ou voyage souvent.
L’offre N26 Business Standard est gratuite, mais réservée aux auto-entrepreneurs : les sociétés et autres personnes morales ne sont pas acceptées. Elle comprend une carte virtuelle, 0,1 % de cashback sur les paiements par carte et 2 retraits gratuits par mois en France (puis 2 € par retrait). La carte physique est facturée 10 € à la commande.
L’application est l’une des plus agréables du marché. Un point de vigilance toutefois : les prélèvements B2B (interentreprises) ne sont pas possibles sur ce compte, ce qui peut poser problème si un fournisseur ou un organisme vous prélève via un mandat B2B. Ni chèques, ni espèces non plus.
Idéal pour : un auto-entrepreneur qui veut un compte simple, pour une activité 100 % dématérialisée.
Connue pour ses petits terminaux de paiement, SumUp propose un compte pro sans frais mensuels ni annuels, avec carte Mastercard, virements et facturation. Son principal intérêt : l’argent encaissé via le terminal SumUp arrive directement sur le compte, sans passer par une banque tierce.
Vous pouvez aussi déposer des espèces chez des commerçants partenaires grâce à un code-barres généré dans l’application, moyennant 2,5 % du montant déposé, entre 20 € et 999 € par dépôt et dans la limite de 15 000 € par mois. Les chèques, eux, ne sont pas acceptés.
Idéal pour : un artisan, un commerçant sur les marchés ou un praticien qui encaisse beaucoup par carte et un peu en liquide.
Bon à savoir : Hello bank! (groupe BNP Paribas) ne fait pas partie de ce classement, car sa formule professionnelle avec carte bancaire, Hello Business, est payante : 10,90 € HT par mois, soit 11,50 € TTC.
Le statut juridique fait le premier tri, la façon dont vos clients vous paient fait le second. Voici une grille de lecture rapide.
| Votre situation | Compte pro gratuit le plus adapté | Pourquoi |
| Micro-entrepreneur payé par virement | Indy, N26 Business ou Finom Solo | Virements gratuits, ouverture rapide, aucun besoin d’encaissement physique |
| Freelance avec clients à l’étranger | Revolut Pro | Liens de paiement, cashback sur les dépenses pro |
| Artisan ou commerçant payé par carte | SumUp | Terminal intégré, dépôt d’espèces possible |
| Indépendant qui reçoit quelques chèques | Bourso Business | Encaissement de chèques jusqu’à 1 500 € sur 30 jours |
| Création de société (SAS, SARL, EURL) | Indy ou Shine Free | Ouverts aux sociétés, dépôt de capital gratuit chez Indy |
| Entreprise avec salariés ou plusieurs associés | Offre payante | Les comptes gratuits ne gèrent pas les accès multiples ni les plafonds élevés |
Bon à savoir : rien ne vous empêche de cumuler deux comptes gratuits. Beaucoup d’indépendants combinent par exemple un compte en ligne pour les virements et la facturation, et Bourso Business pour encaisser les quelques chèques reçus dans l’année, sans payer un centime d’abonnement.
Tout dépend de votre forme juridique. Pour certains, c’est une obligation légale ; pour d’autres, une simple bonne pratique (mais une très bonne).
Un micro-entrepreneur n’est jamais obligé d’ouvrir un compte « professionnel » au sens commercial du terme. En revanche, il doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité dès que son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives(1). Ce compte peut être un simple second compte courant, à condition de n’y faire passer que les opérations de l’entreprise.
Dans les faits, un compte pro gratuit est souvent la solution la plus simple : il coûte autant qu’un second compte perso (rien) et apporte des outils de facturation ou de suivi des cotisations Urssaf.
Tout commerçant, qu’il s’agisse d’une personne physique ou d’une société commerciale, doit disposer d’un compte ouvert dans un établissement de crédit(2). Une société (SAS, SASU, SARL, EURL) a de toute façon besoin d’un compte à son nom : c’est là que transite le capital social au moment de la création, et son patrimoine doit rester séparé de celui des associés.
Promis, ce n’est pas si compliqué : l’ouverture se fait entièrement en ligne, depuis l’application ou le site de l’établissement, et prend entre quelques minutes et quelques jours selon les vérifications.
Les pièces demandées varient selon votre statut, mais vous aurez généralement besoin de :
Bon à savoir : si votre entreprise est domiciliée auprès d’une société de domiciliation comme Kandbaz, le contrat de domiciliation sert de justificatif d’adresse du siège social auprès de la banque. Vous évitez ainsi de communiquer votre adresse personnelle pour votre activité.
Une néobanque peut refuser votre dossier sans avoir à se justifier, notamment si votre activité ne figure pas dans sa liste de secteurs acceptés. Si toutes vos demandes échouent et que vous ne disposez d’aucun compte de dépôt en France, vous pouvez exercer votre droit au compte auprès de la Banque de France. Celle-ci désigne alors un établissement tenu de vous ouvrir un compte avec des services bancaires de base, dans un délai de quelques jours ouvrés.
Un compte pro gratuit est parfait pour démarrer. Mais certains signaux montrent qu’il est temps de monter en gamme :
La plupart des néobanques permettent de passer de l’offre gratuite à une offre payante en quelques clics, sans changer d’IBAN. C’est un argument à prendre en compte dès le départ : mieux vaut choisir un compte gratuit dont l’offre payante vous conviendra aussi le jour où vous grandirez.
Sources :
Il n’existe pas de meilleur compte pro gratuit universel. Indy convient le mieux aux indépendants et créateurs de société payés par virement, Bourso Business aux indépendants qui encaissent quelques chèques, SumUp aux commerçants qui encaissent par carte, et Shine Free à ceux qui ont très peu d’opérations mais ont parfois besoin de déposer des espèces.
Oui. Shine Free et Indy acceptent les sociétés, SASU, SAS, EURL et SARL comprises, et Bourso Business accepte les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU). N26 Business, Finom Solo et Revolut Pro sont en revanche réservés aux entrepreneurs individuels.
Oui, mais seulement chez quelques acteurs : Bourso Business permet d’encaisser des chèques par courrier dans la limite de 1 500 € sur 30 jours glissants, et Shine Free les accepte moyennant 5 € HT par remise. Indy, N26, Finom, Revolut et SumUp ne les acceptent pas.
Oui, chez Indy, qui propose le dépôt de capital gratuitement. La plupart des autres offres gratuites ne proposent pas ce service, le facturent ou le réservent à leurs formules payantes.
Oui, à condition qu’il soit proposé par un établissement agréé. Les banques en ligne disposent d’un agrément bancaire, et les néobanques d’un agrément d’établissement de paiement ou de monnaie électronique : dans ce second cas, vos fonds sont cantonnés, c’est-à-dire protégés et séparés des fonds propres de l’établissement.
Oui, tant que son chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Au-delà, un compte dédié à l’activité devient obligatoire, qu’il s’agisse d’un compte professionnel ou d’un second compte courant.
Alors, on commence ?
Domiciliez votre entreprise & profitez de tous les services de votre camp de base.
