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Passage à la TVA en micro-entreprise : explication

Vous venez de dépasser les seuils de TVA, ou vous vous demandez si opter volontairement serait intéressant pour votre activité ? Bonne nouvelle, la démarche est moins redoutable qu'elle n'y paraît. Kandbaz fait le point !
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Par Thomas Billerey
Actualisé le 5 juin 2026

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Résumé :

  • En micro-entreprise, la franchise en base de TVA exonère de TVA jusqu’à 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes) de chiffre d’affaires annuel.
  • Le dépassement des seuils impose le passage à la TVA dès le premier jour du mois concerné.
  • La demande se fait via la messagerie sécurisée de l’espace professionnel sur impots.gouv.fr, en sélectionnant « Je formule une option ».
  • Le régime réel normal (déclarations mensuelles ou trimestrielles) est vivement recommandé face au régime simplifié.
  • Après le passage à la TVA, le chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf doit être exprimé hors taxes.
  • La facturation électronique devient obligatoire pour les micro-entreprises à partir de septembre 2027.

Êtes-vous concerné par le passage à la TVA en micro-entreprise ?

Tout dépend de votre chiffre d’affaires. La loi fixe des seuils précis au-delà desquels la franchise de TVA ne s’applique plus et la nuance entre seuil normal et seuil majoré change tout à la date à laquelle vous devenez redevable.

Les seuils de franchise TVA en 2026

Pour faire simple : tant que votre chiffre d’affaires reste sous certains plafonds, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA. Ça signifie que vous ne facturez pas la TVA à vos clients et que vous ne pouvez pas non plus la récupérer sur vos achats professionnels.

Voici les seuils applicables en 2026 :

Type d’activitéSeuil de franchiseSeuil majoré (tolérance)
Vente de marchandises85 000 €93 500 €
Prestations de services37 500 €41 250 €

Ces seuils s’apprécient sur l’année civile précédente. Si vous les dépassez, le passage à la TVA en micro-entreprise devient une obligation légale [1].

Seuil normal vs seuil majoré : quelle différence concrète ?

Le seuil majoré fonctionne comme une zone de tolérance sur l’autoroute : vous pouvez dépasser légèrement la limite, mais seulement jusqu’à un certain point. Si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise (37 500 € ou 85 000 €) sans franchir le seuil majoré, vous restez exonéré jusqu’au 1er janvier de l’année suivante.

En revanche, si vous franchissez le seuil majoré (41 250 € ou 93 500 €) en cours d’année, vous devenez redevable de la TVA immédiatement, dès le premier jour du mois de dépassement. Pas de délai supplémentaire [1].

Bon à savoir : le dépassement des seuils TVA ne remet pas en cause votre statut de micro-entrepreneur. Vous continuez à relever du régime micro-fiscal, avec vos cotisations Urssaf habituelles.

Passage à la TVA obligatoire ou choix volontaire : quelle différence ?

Le passage à la TVA en micro-entreprise peut vous être imposé par le dépassement des seuils, ou résulter d’une décision stratégique de votre part. Les conséquences ne sont pas exactement les mêmes, et il vaut mieux les comprendre avant d’agir.

Quand le dépassement impose le changement

Si vous dépassez les seuils, vous n’avez pas le choix. La TVA devient due sur toutes vos ventes et prestations à compter du 1er jour du mois de dépassement. Toute facture émise après cette date doit mentionner la TVA, même si vous n’avez pas encore reçu votre numéro de TVA intracommunautaire.

Exemple concret : vous êtes consultant en micro-entreprise et votre chiffre d’affaires atteint 38 500 € le 18 septembre 2026. Vous devenez redevable de la TVA dès le 1er septembre 2026. Toutes vos factures d’octobre doivent intégrer la TVA et une régularisation sur septembre est à prévoir.

Opter volontairement pour la TVA : ça vaut vraiment le coup ?

Oui, dans certains cas. Si vous avez des investissements importants à réaliser (matériel, logiciels, véhicule professionnel), récupérer la TVA sur vos achats représente une économie réelle. À 20 % de TVA, un équipement à 5 000 € HT vous coûte 6 000 € TTC sans assujettissement, et seulement 5 000 € net si vous pouvez la déduire. Sur une année bien chargée en investissements, la différence devient significative.

C’est souvent la question qui bloque les micro-entrepreneurs qui travaillent principalement avec des professionnels : si vos clients récupèrent eux-mêmes la TVA, votre passage ne change rien pour eux en termes de coût réel.

Comment faire la demande de passage à la TVA sur impots.gouv.fr ?

Promis, ce n’est pas si compliqué. Tout se passe en ligne, depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.

Étapes à suivre :

  1. Connectez-vous à votre espace professionnel sur impots.gouv.fr (créez-le si vous ne l’avez pas encore fait).
  2. Cliquez sur « Messagerie », puis sur « Écrire ».
  3. Sélectionnez « TVA et taxes annexes », puis « Je formule une option » [2].

Attention : ne cliquez pas sur « Je demande un numéro de TVA intracommunautaire », ce n’est pas la même démarche. Cette erreur fréquente peut retarder votre dossier.

  1. Choisissez votre régime fiscal (voir section suivante).
  2. Indiquez la date de prise d’effet de votre assujettissement, normalement le 1er jour du mois de dépassement, ou la date du jour si vous optez volontairement.
  3. Rédigez votre message. Vous pouvez copier-coller ce modèle en adaptant les informations :Bonjour, j’exerce en micro-entreprise. Je souhaite opter pour le paiement de la TVA à compter du [DATE] en choisissant le régime réel normal avec déclaration mensuelle. Merci de bien vouloir m’attribuer mon numéro de TVA intracommunautaire. Cordialement, [VOTRE NOM]
  4. Cliquez sur « Valider ».

Le délai de traitement varie entre 24h et une semaine. Vous pouvez commencer à facturer avec TVA dès l’envoi de votre demande, sans attendre la confirmation officielle.

Régime réel normal ou simplifié : lequel choisir ?

Voilà ce qu’il faut retenir : deux régimes s’offrent à vous, mais le choix est vite fait.

RégimeFréquence des déclarationsPour qui ?
Réel normalMensuelle ou trimestrielleTous les profils – recommandé par défaut
Réel simplifiéAnnuelle + 2 acomptesEn théorie pour les petites structures, en pratique peu adapté

Le régime réel normal est vivement conseillé. Malgré son nom rassurant, le régime simplifié implique deux acomptes en cours d’année et une régularisation annuelle qui peut générer des décalages de trésorerie difficiles à anticiper. Avec le régime réel normal, vous déclarez chaque mois (ou chaque trimestre si votre TVA annuelle est inférieure à 4 000 €), et vous restez en phase avec vos flux financiers réels.

Bon à savoir : si vous déclarez mensuellement et que votre TVA collectée reste faible, vous pouvez basculer en trimestriel à tout moment sur votre espace professionnel.

Que faire si votre SIE tarde ou refuse ?

Concrètement, ça donne quoi si les impôts ne répondent pas dans les temps ?

Votre SIE met du temps à répondre : rendez-vous sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr et entrez votre numéro SIREN [4]. Votre numéro de TVA intracommunautaire (format FRXX + 9 chiffres) y est souvent déjà disponible. Vous pouvez le mentionner sur vos factures en attendant la confirmation officielle, pensez quand même à relancer votre SIE par téléphone.

Votre SIE refuse votre demande : certains agents peuvent (à tort) vous indiquer que vous n’avez pas besoin de la TVA car vous êtes exonéré en micro-entreprise. C’est une erreur. Votre droit à opter pour la TVA est explicitement prévu par les articles 293 B à 293 G du Code général des impôts.[3] Transmettez-leur ce fondement légal et insistez, ils sont tenus de le prendre en compte (et c’est dans leur propre documentation sur impots.gouv.fr).

Ce qui change concrètement sur vos factures

Le passage à la TVA en micro-entreprise implique plusieurs modifications sur vos documents commerciaux, à appliquer dès la date d’effet de votre assujettissement.

  • Supprimez la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI »[3].
  • Ajoutez votre numéro de TVA intracommunautaire.
  • Faites apparaître le montant HT, le taux de TVA applicable et le montant TTC.

Les taux les plus courants : 20 % (taux standard), 10 % (restauration, certains travaux), 5,5 % (vente de livres, services à la personne). En cas de doute, vérifiez selon votre activité ou consultez un expert-comptable.

Si vous facturez des particuliers, réévaluez vos tarifs : la TVA vient s’ajouter à votre prix HT, ce qui peut faire monter la facture perçue par vos clients. Si vous travaillez principalement avec des professionnels assujettis, ce point est généralement neutre pour eux.

Checklist de transition :

  • Mise à jour du modèle de facture (suppression mention 293 B, ajout numéro TVA)
  • Vérification des taux applicables selon votre activité
  • Information de vos clients professionnels du changement
  • Mise en place d’un suivi TVA collectée / TVA déductible (tableur ou logiciel de facturation)
  • Conservation de toutes les factures d’achat pour la déduction

Déclarer la TVA et son CA à l’Urssaf : ce qu’on oublie souvent

C’est un point que beaucoup de micro-entrepreneurs ratent au moment du passage à la TVA : votre chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf doit désormais être exprimé hors taxes. [1] Vous ne déclarez plus le montant encaissé TTC, mais uniquement la part qui vous revient réellement, sans la TVA collectée pour l’État.

Parallèlement, votre déclaration de TVA sur impots.gouv.fr vous permet de déclarer :

  • la TVA collectée sur vos ventes et prestations,
  • la TVA déductible sur vos achats professionnels,
  • et de payer la différence à l’administration fiscale.

Ces deux déclarations sont totalement indépendantes : l’une alimente vos cotisations sociales (Urssaf), l’autre régularise la TVA nette due à l’État (impôts).

Bon à savoir : conservez absolument toutes vos factures d’achat professionnelles. Sans elles, vous ne pouvez pas déduire la TVA que vous avez payée, et vous reversez alors plus que nécessaire à l’État.

Faut-il passer par un comptable quand on devient assujetti à la TVA ?

Ce n’est pas obligatoire, mais selon votre profil, ça peut valoir vraiment la peine d’y réfléchir.

En micro-entreprise, la gestion de la TVA reste accessible si votre activité est simple : une seule catégorie de prestations, un taux de TVA unique à 20 %, peu de fournisseurs. Dans ce cas, un tableur bien tenu et un logiciel de facturation suffisent largement pour déclarer chaque mois sur impots.gouv.fr.

Les choses se compliquent si vous cumulez plusieurs types d’activités avec des taux différents, si vous avez beaucoup d’achats professionnels à déduire, ou si vous facturez à des clients à l’étranger (TVA intracommunautaire, autoliquidation…). Là, une erreur dans votre déclaration peut coûter plus cher que les honoraires d’un comptable.

Ce qu’un comptable apporte concrètement au moment du passage à la TVA :

  • Il vérifie que la date d’assujettissement est bien choisie pour éviter une régularisation rétroactive coûteuse.
  • Il s’assure que vos factures sont conformes dès le premier jour (mention TVA, taux correct, numéro intracommunautaire).
  • Il paramètre votre suivi TVA collectée / déductible pour que vous ne ratiez aucune déduction.
  • Il gère votre première déclaration, souvent la plus délicate.

L’option du mi-chemin : l’accompagnement ponctuel

De nombreux micro-entrepreneurs font appel à un comptable uniquement au moment de la transition (le temps de prendre en main les outils), puis gèrent ensuite en autonomie. Un accompagnement ponctuel coûte généralement entre 150 € et 400 € selon le prestataire, ce qui reste raisonnable comparé au risque d’une erreur déclarative.

Bon à savoir : si vous venez tout juste de dépasser les seuils, c’est le moment idéal pour faire un bilan rapide avec un professionnel. Ce premier passage est souvent celui où les erreurs coûtent le plus cher et il suffit généralement d’une ou deux heures de consultation pour repartir sur de bonnes bases.

Nouveauté 2026 : la facturation électronique

À partir de septembre 2026, la facturation électronique devient obligatoire en France pour les échanges entre professionnels assujettis à la TVA. Les micro-entreprises bénéficient d’un délai supplémentaire : elles auront jusqu’à septembre 2027 pour s’y conformer [2].

Concrètement, vos factures devront être émises via une plateforme certifiée, un opérateur de dématérialisation partenaire (ODP) ou la plateforme publique Chorus Pro. Des outils adaptés aux micro-entrepreneurs sont en cours de déploiement pour simplifier cette transition.

Si vous effectuez votre passage à la TVA en micro-entreprise en 2026, c’est le bon moment pour adopter un logiciel de facturation compatible avec ces nouvelles obligations (ce n’est pas si loin que ça). Vous éviterez ainsi une double migration dans un an !

Source

  1. Urssaf : TVA et franchise en base pour les auto-entrepreneurs
    https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil/sinformer-sur-le-statut/lessentiel-du-statut/fiscalite-de-lauto-entreprise/la-tva.html
  2. impots.gouv.fr : Régimes d’imposition à la TVA et facturation électronique
    https://www.impots.gouv.fr/professionnel/les-regimes-dimposition-la-tva
  3. Légifrance : Code général des impôts, articles 293 B à 293 G (franchise en base de TVA) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006162567
  4. Annuaire des entreprises : Recherche par SIREN pour récupérer le numéro de TVA intracommunautaire
    https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/

FAQ : passage à la TVA en micro-entreprise

Dès le 1er jour du mois où vous dépassez le seuil de franchise. Si vous franchissez le seuil majoré en cours d’année, la TVA est due immédiatement, sans attendre le début du mois suivant.

Conservez toutes vos factures d’achat et déclarez la TVA déductible lors de votre déclaration mensuelle ou trimestrielle sur impots.gouv.fr. La déduction s’applique dès le 1er mois d’assujettissement.

Oui. Si votre chiffre d’affaires repasse sous les seuils normaux pendant deux années consécutives, vous pouvez demander à rebasculer en franchise de TVA via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.

Vous devrez émettre des factures rectificatives et déclarer la TVA non facturée. Mieux vaut régulariser rapidement pour éviter des pénalités de retard.

Le taux standard est de 20 %. Des taux réduits à 10 % ou 5,5 % s’appliquent pour certaines activités : restauration, travaux de rénovation, vente de livres, services à la personne. En cas de doute, renseignez-vous selon votre code NAF ou consultez un expert-comptable.

Alors, on commence ?

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