Par Romain Laventure - Dernière mise à jour le 26 septembre 2025
Devenir chauffeur VTC en auto-entreprise attire de nombreux candidats qui recherchent davantage d’indépendance et la possibilité de travailler à leur rythme. Mais avant de se lancer, il est indispensable de comprendre les règles qui encadrent la profession, les démarches à accomplir et les réalités du quotidien !
Dans ce guide, Kandbaz vous donne une vision claire et concrète du métier, afin de vous aider à démarrer votre activité sereinement et à poser des bases solides pour réussir.
Pour devenir un auto-entrepreneur VTC, vous devez d’abord bien saisir les nuances de ce métier. L’acronyme VTC signifie « Voiture de Transport avec Chauffeur » et désigne un professionnel qui transporte des personnes d’un point à un autre, mais avec des règles spécifiques qui le distinguent du taxi traditionnel.
Contrairement aux idées reçues, VTC et taxi sont deux professions distinctement encadrées. La principale différence concerne la prise en charge des clients.
Un chauffeur VTC ne peut pas stationner sur la voie publique en quête de clients ni être hélé dans la rue, pratiques réservées aux taxis. En revanche, les taxis bénéficient d’un monopole sur la « maraude » (recherche de clients sur la voie publique) et peuvent emprunter les voies réservées.
Le mode de tarification diffère également. Le chauffeur VTC propose des tarifs libres mais transparents, connus dès la réservation. Un taxi, quant à lui, utilise un taximètre et applique des tarifs réglementés, le client découvrant le montant final à l’arrivée.
Pour un chauffeur VTC auto-entrepreneur, chaque course doit obligatoirement faire l’objet d’une réservation préalable. Après une course, si vous n’avez pas d’autre réservation, vous devez soit retourner à votre domicile (si vous exercez à votre compte), soit vous garer dans un lieu autorisé hors de la chaussée.
La réservation constitue la preuve légale de votre activité. En cas de contrôle, vous devez présenter un justificatif comportant :
Le contrat de course représente l’accord entre vous et votre client. Il définit notamment le prix, qui peut être calculé de deux façons :
Cette transparence tarifaire constitue un avantage concurrentiel important pour les chauffeurs VTC auto-entrepreneurs. Elle offre une prévisibilité appréciée des clients qui connaissent à l’avance le coût de leur déplacement, contrairement aux taxis où le prix final peut varier selon les conditions de circulation.
Attention aux sanctions : le non-respect de ces règles peut coûter cher. Comptez jusqu’à 15 000 € d’amende, un an d’emprisonnement, l’immobilisation de votre véhicule et la suspension du permis pour 5 ans.
Cette profession exige de respecter plusieurs critères stricts avant de pouvoir exercer légalement. La réglementation vise à garantir la sécurité des passagers et la qualité du service proposé.
Votre permis de conduire de catégorie B doit dater d’au moins 3 ans (ou 2 ans avec la conduite accompagnée). Cette condition assure que vous disposez d’une expérience suffisante avant de transporter des clients.
Votre casier judiciaire fait l’objet d’un contrôle rigoureux. Le bulletin n°2 doit être vierge de certaines condamnations spécifiques :
La préfecture vérifie systématiquement ces éléments lors de votre demande de carte professionnelle. Un casier non-conforme entraîne un refus automatique.
Vous devez également passer un examen médical auprès d’un médecin agréé par la préfecture. Attention, cette visite ne peut pas être effectuée par votre médecin traitant. Elle vise à vérifier votre aptitude physique, cognitive et sensorielle à exercer ce métier.
Cette consultation coûte 36€ et reste à votre charge. L’attestation obtenue reste valable 5 ans si vous avez moins de 60 ans. Entre 60 et 76 ans, cette durée se réduit à 2 ans, puis à 1 an au-delà.
Prévoyez ces documents pour votre rendez-vous : pièce d’identité, permis de conduire et formulaire Cerfa n°14880*02 complété.
Vous bénéficiez de conditions allégées si vous justifiez d’une expérience professionnelle antérieure. Il vous faut alors :
Cette facilité permet notamment aux chauffeurs de taxi de se reconvertir plus aisément. Gardez en tête que l’expérience ne vous dispense pas des vérifications de casier judiciaire.
Une fois ces prérequis validés, place à la formation et l’examen VTC, sauf si votre expérience professionnelle vous en dispense.
Obtenir votre carte professionnelle VTC passe obligatoirement par un examen, sauf exceptions particulières. Cette étape représente un investissement important en temps et en argent, alors autant bien s’y préparer !
L’examen théorique VTC couvre sept domaines de compétences :
Chaque matière est notée sur 20 points. Pour réussir, vous devez atteindre une moyenne générale d’au moins 10/20, avec aucune note inférieure à 6/20 .
L’épreuve pratique, d’une durée de 30 minutes, évalue vos compétences directement sur le terrain. Elle porte à la fois sur la conduite en sécurité, l’utilisation d’un GPS, la relation avec le client et la présentation professionnelle, ainsi que sur votre capacité à proposer un itinéraire adapté. L’examen se déroule dans un véhicule équipé d’une double commande de freinage, similaire à ceux utilisés dans les auto-écoles.
La préparation à l’examen VTC demande un investissement conséquent, autant en temps qu’en argent. En moyenne, il faut compter entre 100 et 140 heures de formation, pour un budget situé généralement entre 1 000 et 3 000 euros selon l’école choisie.
Des solutions de financement existent et peuvent alléger cette dépense, qu’il s’agisse du Compte Personnel de Formation, d’aides de Pôle Emploi ou encore de dispositifs proposés par certaines régions.
Le choix de l’établissement est essentiel : privilégiez une école sérieuse, dotée d’un bon taux de réussite et de formateurs expérimentés, car la qualité de l’accompagnement joue un rôle déterminant dans la réussite à l’examen.
Vous pouvez échapper à l’examen si vous êtes dans l’une de ces situations :
Gardez en tête que les autres conditions (permis, casier judiciaire, visite médicale) restent obligatoires même avec une dispense.
Une fois l’examen réussi ou la dispense obtenue, place aux démarches administratives pour créer votre auto-entreprise !
Après la réussite de l’examen VTC, voici les démarches administratives à suivre pour lancer votre activité de chauffeur. Ces étapes sont essentielles et doivent être réalisées dans un ordre précis pour respecter la législation en vigueur.
La première démarche consiste à obtenir votre carte professionnelle VTC, document indispensable pour exercer légalement. Cette demande s’effectue exclusivement en ligne sur le site « démarches simplifiées » auprès de la préfecture de votre lieu de résidence. Vous devrez fournir plusieurs documents :
Cette carte coûte environ 60 euros et reste valable pendant 5 ans. Elle doit être placée en évidence sur le pare-brise de votre véhicule.
Ensuite, vous devez créer votre micro-entreprise sur la plateforme du Guichet unique, gérée par l’INPI. Cette procédure gratuite vous permet d’obtenir votre numéro SIRET, généralement sous 15 à 30 jours. Cette immatriculation est gérée par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat qui vous enverra toutes les informations nécessaires au démarrage de votre activité.

Kandbaz accompagne tous les entrepreneurs dans la domiciliation de leur siège social.
La troisième étape consiste à vous inscrire au Registre des Exploitants de VTC (REVTC) sur le site officiel du ministère chargé des transports. Cette inscription coûte 170 euros et nécessite plusieurs documents :
Cette inscription doit être renouvelée tous les 5 ans.
La dernière étape consiste à commander votre vignette rouge autocollante depuis votre espace personnel sur le registre VTC. Son coût est d’environ 30 euros. Elle doit ensuite être apposée à l’avant du véhicule, dans l’angle inférieur gauche du pare-brise côté conducteur, ainsi qu’à l’arrière, dans l’angle inférieur droit de la lunette arrière, du côté opposé au conducteur. Une vignette provisoire, valable trente jours, vous sera remise en attendant la version définitive.
Gardez en tête que ces démarches prennent du temps : il faut souvent compter plusieurs semaines entre le lancement des procédures et votre premier jour d’activité.
Pour exercer en tant que chauffeur VTC, votre auto-entreprise doit être domiciliée à une adresse officielle. Cette domiciliation correspond au siège social de votre activité et figure sur tous vos documents administratifs et commerciaux (factures, devis, correspondances).
Vous pouvez choisir d’utiliser votre domicile personnel si votre bail ou règlement de copropriété ne s’y oppose pas. Si ce n’est pas possible ou si vous souhaitez séparer vie privée et professionnelle, plusieurs alternatives existent : louer un bureau, passer par une société de domiciliation agréée ou opter pour une pépinière d’entreprises.
À lire également : comment domicilier son activité de VTC
Le choix de l’adresse est important, car elle détermine également votre rattachement fiscal et administratif (URSSAF, CFE, etc.).
Vos revenus de chauffeur VTC auto-entrepreneur dépendent de plusieurs facteurs clés qu’il est important de maîtriser.
L’emplacement géographique reste le critère le plus déterminant : à Paris, vous pouvez espérer un chiffre d’affaires brut mensuel entre 3 500 € et 6 000 €, avec des pointes à 7 000 € pour les chauffeurs les plus actifs. En province, notamment à Lyon et Marseille, comptez plutôt entre 2 500 € et 4 500 € mensuels.
Attention, ce chiffre d’affaires brut ne correspond pas à votre revenu réel. Plusieurs charges viennent réduire ces montants de façon significative.
Les plateformes prélèvent leur commission, entre 15% et 25% du prix de chaque course. Vos frais de fonctionnement (carburant, entretien, assurance) représentent 400 à 800 € par mois. Sans oublier vos cotisations sociales d’auto-entrepreneur : environ 22% de votre chiffre d’affaires, sans possibilité de déduire vos frais réels.
Au final, votre revenu net mensuel oscille généralement entre 1 500 € et 3 500 € après déduction de toutes les charges.
Votre temps de travail influence directement vos gains. Pour atteindre 1 500 € à 2 000 € nets mensuels, prévoyez 45 à 60 heures de travail par semaine en région parisienne. Dans les villes moyennes, ces heures peuvent s’allonger pour des revenus équivalents.
Le choix de votre plateforme fait aussi la différence. Uber prélève 20-25% mais propose un prix moyen de course à 22 €, tandis que Bolt applique une commission plus faible (15-20%) avec une course moyenne à 18,90 €.
N’oubliez pas l’impact de la saisonnalité : les écarts de revenus peuvent atteindre 45% entre haute et basse saison. Les périodes touristiques et événementielles boostent vos gains de 15 à 25%, tandis que les creux hivernaux réduisent la demande jusqu’à 20%.
Conseil pratique : optez pour un véhicule hybride ou électrique pour réduire vos dépenses de carburant jusqu’à 40% par mois. Cette économie améliore directement votre rentabilité.
Votre réussite en tant qu’auto-entrepreneur VTC dépend essentiellement de deux éléments clés : le choix de votre véhicule et votre approche commerciale.
Votre véhicule doit respecter des critères stricts pour exercer légalement : minimum 4 portes, 4 à 9 places, dimensions d’au moins 4,50 m × 1,70 m et puissance moteur d’au moins 84 kW.
Bonne nouvelle : ces critères ne s’appliquent pas aux véhicules électriques ou hybrides, qui représentent déjà 50% des modèles VTC en circulation .
L’assurance représente une obligation légale incontournable. Vous devez souscrire deux garanties distinctes :
Prévoyez entre 2 000 € et 4 000 € par an selon votre expérience et votre zone d’activité . Une formule tous risques reste vivement conseillée pour protéger votre outil de travail .
Les plateformes comme Uber ou Bolt présentent un avantage indéniable : vous générez du chiffre d’affaires immédiatement, sans prospection . Le revers de la médaille ? Des commissions élevées entre 15% et 25% par course .
Développer une clientèle privée améliore considérablement votre rentabilité. Voici les stratégies qui fonctionnent :
Conseil pratique : la stratégie gagnante consiste à combiner les deux approches. Utilisez les plateformes pendant vos périodes creuses pour maintenir un taux d’occupation élevé, tout en développant progressivement votre portefeuille de clients privés. Cette double approche vous garantit un revenu plus stable et des marges plus intéressantes .
Votre activité VTC auto-entrepreneur s’accompagne d’obligations précises qu’il vaut mieux maîtriser dès le départ. Ces aspects administratifs et fiscaux ne sont pas optionnels : les négliger peut vous coûter cher.
Vos cotisations sociales URSSAF représentent 21,2% de votre chiffre d’affaires (ou 22,9% si vous choisissez le versement libératoire de l’impôt). Ces prélèvements financent votre protection sociale : maladie, retraite et allocations familiales.
Bonne nouvelle concernant la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : vous pouvez en être exonéré si vous possédez une ou deux voitures que vous conduisez personnellement, à condition qu’elles n’excèdent pas 7 places et ne roulent pas en même temps.
Pour la TVA, votre régime dépend de vos revenus annuels :
Tous les cinq ans, vous devez renouveler :
Le coût total de ces renouvellements s’élève donc à environ 266€, hors frais de formation continue. Anticipez ces démarches au moins quatre mois avant l’expiration de vos documents pour éviter toute interruption d’activité !
Alors, on commence ?
Domiciliez votre entreprise & profitez de tous les services de votre camp de base.
