
Domiciliez votre entreprise avec Kandbaz
Plus de 113 adresses à Paris et partout en France.
Résumé :
En principe, non. Un artiste auto-entrepreneur ne peut pas facturer son activité créative via une micro-entreprise, car cette activité relève déjà d’un régime social spécifique. C’est la première chose à comprendre avant d’aller plus loin.
La plupart des activités artistiques dépendent de deux régimes bien précis : celui des artistes-auteurs (peinture, écriture, musique, photographie, arts graphiques) ou celui des intermittents du spectacle (comédiens, danseurs, musiciens interprètes). Ces deux régimes couvrent déjà la rémunération de l’activité créative, cotisations comprises.
Facturer la même activité en auto-entreprise reviendrait à faire cohabiter deux régimes sociaux pour un seul et même travail. Or la loi ne le permet pas (imaginez payer deux fois une cotisation d’assurance pour la même voiture, ça n’a pas de sens administratif). Les droits d’auteur, en particulier, sont exclus du champ de la micro-entreprise : ils doivent obligatoirement transiter par le régime des artistes-auteurs¹.
Pour les artistes-interprètes (comédiens, chanteurs, musiciens), l’article L7121-3 du Code du travail pose une présomption de contrat de travail dès qu’ils se produisent devant un public ou enregistrent une œuvre². Cette présomption s’applique même en l’absence de contrat écrit, ce qui rend le statut d’auto-entrepreneur incompatible avec l’exercice de la profession d’artiste du spectacle, comme le rappelle la circulaire du ministère de la Culture du 28 janvier 2010³.
Bonne nouvelle : le principe d’incompatibilité connaît des exceptions bien identifiées. Concrètement, ça donne quoi ? Deux cas de figure principaux, plus un statut particulier réservé aux techniciens du spectacle.
C’est l’exception la plus courante. Vous pouvez ouvrir une micro-entreprise pour une activité qui n’a rien à voir avec votre pratique artistique principale (livraison à domicile, chambre d’hôtes, jardinage), ou pour une activité complémentaire qui prolonge votre travail créatif sans le remplacer : animation d’ateliers, cours particuliers, coaching artistique.
Attention à un point souvent mal compris : si vous cumulez micro-entreprise et artiste-auteur à la même adresse, un seul numéro de Siret suffit pour l’ensemble de vos activités. Et tant que vos revenus de micro-entrepreneur liés à cette activité accessoire restent sous le plafond de 14 424 € par an (2026), ils basculent automatiquement sous le régime social des artistes-auteurs⁴. Au-delà, l’excédent est traité comme un revenu de travailleur indépendant classique, dès le premier euro de dépassement.
Pour un intermittent du spectacle, le cumul est possible tant que l’activité en micro-entreprise reste accessoire et sans lien avec le spectacle vivant. Vos allocations chômage sont conservées, mais recalculées à la baisse en fonction du chiffre d’affaires mensuel déclaré.
Le technicien du spectacle (éclairagiste, ingénieur du son, maquilleur événementiel) n’est pas soumis aux mêmes règles que l’artiste-interprète. Il peut choisir librement entre le régime des intermittents et celui de la micro-entreprise pour son activité principale, ce qui en fait une exception notable.
De son côté, l’entrepreneur du spectacle peut également opter pour la micro-entreprise, mais ce statut reste encadré. Il doit détenir une licence d’entrepreneur de spectacles, s’inscrire au registre du commerce ou des métiers, et surtout prouver l’absence de tout lien de subordination avec un employeur⁵. Sans cette preuve, la présomption de salariat s’applique de nouveau.
Selon la nature de votre activité, plusieurs régimes coexistent. Voilà ce qu’il faut retenir avant de vous décider.
L’artiste-auteur regroupe les créateurs d’œuvres originales (littérature, arts plastiques, musique, cinéma, photographie). Ses revenus sont gérés par l’Urssaf des artistes-auteurs et la Sécurité sociale des artistes-auteurs, qui ont remplacé la Maison des Artistes et l’Agessa depuis la réforme de 2022⁶.
L’intermittent du spectacle regroupe les artistes-interprètes et les techniciens sous contrats courts renouvelables, avec droit à une indemnisation chômage entre deux missions.
L’artiste libre, enfin, n’est pas un statut légal à proprement parler. Il suffit de s’inscrire à l’Urssaf pour obtenir un numéro de Siret et un code APE, sans les avantages fiscaux de la micro-entreprise : la TVA et l’impôt sur le revenu s’appliquent selon les règles classiques des bénéfices non commerciaux (BNC).
Pour y voir plus clair, voici un comparatif que vous ne trouverez pas ailleurs sous cette forme, construit à partir des seuils en vigueur en 2026.
| Statut | Cumul avec micro-entreprise | Franchise TVA 2026 | Plafond annuel spécifique |
| Artiste-auteur | Impossible pour l’activité principale, possible pour une activité accessoire | 50 000 € (droits d’auteur) / 35 000 € (activités accessoires) | 14 424 € pour les revenus accessoires⁷ |
| Intermittent du spectacle | Possible si activité annexe non liée au spectacle vivant | Selon le régime choisi pour l’activité annexe | Recalcul des allocations selon le CA mensuel |
| Technicien du spectacle | Possible en activité principale | 37 500 € (seuil de base services)⁸ | 83 600 € (plafond micro-services 2026-2028) |
| Artiste libre | Sans objet (régime distinct de la micro-entreprise) | 42 900 € (seuil historique, à vérifier chaque année) | Aucun plafond de type micro-entreprise |
Bon à savoir : ces seuils sont révisés régulièrement. Vérifiez toujours le montant en vigueur sur le site de l’Urssaf avant de facturer, un dépassement non anticipé peut vous faire basculer de régime sans préavis.
Avant de choisir, mieux vaut peser le pour et le contre. La vraie question, c’est : est-ce que ce statut sert réellement votre projet, ou complique-t-il une situation déjà simple ?
Le premier atout, c’est la liberté de multiplier les activités sous un même statut : formation, vente, production, tout peut cohabiter. Le régime fiscal est aussi d’une grande simplicité : les cotisations sociales ne sont dues que sur le chiffre d’affaires réellement encaissé (pas d’avance de trésorerie à craindre). Enfin, la franchise en base de TVA s’applique tant que vous restez sous les seuils 2026, à savoir 37 500 € pour les prestations de services⁸.
Les cotisations sociales et fiscales de la micro-entreprise sont globalement plus élevées que celles du régime artiste-auteur ou intermittent, à chiffre d’affaires équivalent (et c’est un point que beaucoup découvrent trop tard). Pour un intermittent, le chiffre d’affaires réalisé en micro-entreprise impacte directement le recalcul de ses allocations chômage entre deux contrats. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça mérite d’être anticipé dans votre budget prévisionnel.
Concrètement, comment ça se passe une fois la décision prise ? Tout se joue désormais sur un seul portail.
Depuis la réforme du statut d’artiste-auteur, toute personne souhaitant présenter ou commercialiser ses œuvres (expositions, ventes en ligne, factures de droits d’auteur) doit se déclarer sur le guichet unique géré par l’INPI, conformément à l’article L382-1 du Code de la sécurité sociale⁹. Cette démarche transmet automatiquement vos informations à quatre organismes :
Si vous n’avez encore aucun numéro de Siret actif, vous suivez la procédure classique de déclaration de début d’activité. Une checklist simple à respecter, un peu comme préparer les documents avant un rendez-vous administratif : formulaire en ligne, justificatifs d’identité, description précise de l’activité.
Si vous disposez déjà d’un Siret actif en tant qu’entreprise individuelle ou profession libérale, la procédure change : il s’agit alors d’une adjonction d’activité, à réaliser également via le guichet unique de l’INPI, sans créer de nouveau numéro d’immatriculation.
Pour modifier vos informations (adresse, forme juridique, cessation d’activité), la démarche se fait en ligne via France Connect+, en suivant le chemin Entreprises > Déposer une formalité > Modification ou cessation d’entreprise.
Pour les activités de commerce et d’hébergement, le plafond est de 203 100 € par an. Pour les prestations de services et les activités libérales, il est de 83 600 € par an, seuils valables sur la période 2026-2028.
Oui, mais uniquement si l’activité en micro-entreprise reste accessoire et complémentaire à l’activité d’artiste-auteur, et sous le plafond annuel de 14 424 € en 2026. Les œuvres artistiques vendues via des droits d’auteur ne peuvent jamais être facturées par la micro-entreprise.
Oui. Contrairement aux artistes-auteurs et aux artistes-interprètes, le technicien du spectacle peut choisir la micro-entreprise comme statut principal, ou continuer sous le régime des intermittents.
Il faut domicilier son activité, se déclarer sur le guichet unique de l’INPI, puis attendre l’immatriculation automatique une fois la déclaration validée. Si un Siret existe déjà, la procédure d’adjonction d’activité s’applique à la place.
Alors, on commence ?
Domiciliez votre entreprise & profitez de tous les services de votre camp de base.
